Le Phallus et le néant - épisode 3 - Freud entre flash et déni ?

Publié le par Catherine Barbé

La vidéo de la bande annonce

 

 à voir ou/et à revoir

Et aujourd'hui, Sigmund en personne prend place lui aussi sur le divan  !

"

Les prochaines dates :

LYON : vendredi 15 mars à 20H au cinéma Pathé Vaise

TROYES : mercredi 20 mars à 20H au CGR de Troyes

COSNE SUR LOIRE : jeudi 21 mars à 20H au cinéma Eden

DIJON : vendredi 22 mars à 20H au cinéma Devosges

CARCASSONNE : jeudi 28 mars à 20H au CGR Colisée

Dates à venir : PAU, POITIERS, TOULOUSE, SAINT ETIENNE, MIRECOURT, REIMS, MONTPELLIER, NANTES

Source : http://dupuiselise.canalblog.com/archives/2018/11/09/36852755.html

 

Témoignage : Isabelle Aubry, fondatrice de l'AIVI

« Pourquoi l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste soutient le film Le Phallus et le Néant ? Par Isabelle Aubry, présidente fondatrice de l’AIVI Sans l’échec de ma psychanalyse, l’AIVI n’existerait pas. Je pensais, depuis ma première lecture freudienne à dix sept ans, que la technique psychanalytique, pourrait m’aider dans mon rétablissement. Plus tard, pendant six ans, je me suis allongée sur un divan lacanien dans le but de devenir psychanalyste, pensant ainsi pouvoir aider d’autres survivants de l’inceste comme moi. La suite ne s’est pas déroulée comme je m’y attendais. Lorsque j’ai parlé de l’inceste, pendant l’instruction et après le jugement de mon père, à aucun moment un adulte s’est dit qu’il y avait en moi une enfant traumatisée qui avait besoin de soins. Livrée à moi-même, j’ai cherché de l’aide dans les livres et j’ai commencé à lire Freud. Ainsi j’ai découvert la psychanalyse. D’abord « la théorie de la séduction » ou « Neurotica » qui reconnaissait qu’un événement réel extérieur vécu dans l’enfance, comme l’inceste par exemple, pouvait être traumatique et créer une névrose à l’âge adulte. J’ai continué, boulimique de connaissances, à découvrir ce monde de la psychanalyse en lisant « tout Freud » bien sûr, mais aussi Lacan, Ferenczi, Jung et tant d’autres. Mais, je ne sais pourquoi, j’ai occulté l’impact du revirement Freudien lorsqu’il a abandonné l’événement réel extérieur vécu dans l’enfance pour la théorie du fantasme. »

Lire la suite dans "dossier de presse" sur le lien :

 

S. Freud du flash au déni ?

Dans quelles circonstances en effet a eu lieu l'abandon de "l’événement réel extérieur vécu dans l’enfance pour la théorie du fantasme."?

Le flash...

L'article déjà cité1 du Professeur Lipiansky analyse le récit que Freud en fait lui-même dans sa correspondance...

"Le 8 février 1897, il écrit : « Mon travail progresse brillamment. » Il
constate de plus en plus que même les fantasmes hystériques « se rapportent à des choses que l’enfant a entendues de bonne heure et dont il
n’a que longtemps après saisi le sens ».
Cette période culmine avec l’aveu déchirant de la lettre du
11 février 1897. Il confie à Fliess que son père lui-même a exercé des
actes de séduction sur ses enfants : « Malheureusement, mon propre
père était l’un de ces pères pervers et est responsable de l’hystérie de
mon frère et de quelques-unes de mes jeunes sœurs » (cité par Anzieu,
1988, p. 142). On peut penser qu’une accusation aussi grave, portée par un homme de 40 ans, rigoureux et scrupuleux, ne repose pas sur de
simples présomptions. La phrase est affirmative et ne comporte aucune
forme d’hésitation ou de réserve.
Dans les lettres qui suivent, il apporte de nouvelles preuves à ce
qu’il appelle « l’étiologie paternelle » ; notamment le cas d’une patiente
dont « le noble et respectable père avait pris l’habitude de la faire venir
dans son lit pour se livrer sur elle à des éjaculations externes » (28 avril
1897) ; fait confirmé par une sœur plus âgée et une cousine qui ont subi le même sort.2"

 

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1&2 -  http://in Lipiansky, Edmond-Marc. « Crise et transition dans le parcours de Freud », Connexions, vol. no76, no. 2, 2001, pp. 115-124.

 

Le déni :

" la lettre du 3 octobre 1897 :
« Dans mon cas, le père n’a joué aucun rôle actif […] Ma “première génératrice” [de névrose] a été une femme âgée et laide, mais intelligente, qui m’a beaucoup parlé de Dieu et de l’enfer » ; ensuite, vers l’âge de 2 ans et demi, explique-t-il, sa libido s’est tournée vers sa mère à l’occasion d’un voyage où il a pu, « sans doute ayant dormi dans sa chambre, la voir nue ». On est étonné de constater que Freud, qui n’accorde aucun crédit aux récits des névrosés, s’appuie, dans l’explication de sa propre névrose, sur cette hypothétique reconstruction. Mais elle lui permet d’innocenter le père pour faire retomber la faute et la culpabilité sur le fils (et accessoirement sur la vieille servante). Ce n’est plus l’adulte qui est responsable, c’est la victime (l’hystérique ou l’enfant) coupable de désirs inconscients."

Œdipe à la rescousse 

Lipiansky poursuit :

"On se souvient alors du rêve de Freud au lendemain de l’enterrement
de son père : « On est prié de fermer les yeux » ; fermer les yeux sur ses propres manquements à l’égard de son père comme il l’interprète ; mais il ajoute aussi : « Le rêve émane d’une tendance au sentiment de culpabilité, tendance très générale chez les survivants » (NP, p. 152). Une autre interprétation serait alors de dire que c’est ce sentiment de culpabilité qui pousse Freud à fermer les yeux sur les fautes du père.
Ainsi, après un an d’un deuil difficile qui l’a fait sombrer dans la
névrose, Freud a enterré la théorie de la séduction et a commencé à
s’orienter vers la théorie du complexe d’Œdipe."

Prochainement la

Réhabilitation de la Sphinge

Œdipe et le Sphinx , Ingres, 1808. Huile sur toile. Louvre, Paris.

grande oubliée de la saga freudo-œdipienne... 

A suivre

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