DES FRAISES ET DU SANG

Publié le par Catherine Barbé

May day, dernier service

Les fraises ont mûri,

mon printemps s'assombrit.

Connaissez-vous le film The strawberry statement ? C'est ça :

Peace and love

C'est qu'à peine finie ma récolte de fraises au jardin (voir article précédent), les images du film sont revenues me hanter. Depuis deux jours. 

Emblématique d'une jeunesse mondiale dans un de ses premiers  sursauts, Strawberry statement signe avant tout une révolte/revendication qui scande son nom :" liberté" ?

Liberté tous azimuts et en tête, liberté d'aimer :

"All we are saying, give peace a chance !".

Un élan spontané bien vite détourné par les appareils de tout poil.

Apparatchiks de tous les pays allez-vous coucher ! Et je reste très polie, voire policée.

Du film, seule la dernière scène reste gravée dans mon souvenir : chaque année, la seule vue des fraises  suffit à en faire resurgir les images - sons, odeurs, saveurs... -  comme autant de boutons d'une éruption saisonnière.  Bientôt 50 ans.

"For the times they are A changin..."

 

 

 

Aujourd'hui, le changement

Jeunesses de tous les pays

Vous connaissez ces images de vos révoltes mises en scène.

Jeunesses prêtes à prendre le pouvoir d'aimer il y a 50 ans, vous vous êtes auto-désignées comme ennemi N°1, victimes propitia-/expiatoires, c'est selon, offertes aux nécessaires meutes policières, chiens de garde armés de hargne à la botte du vieux monde qui n'en peut mais...

"Mourir, Moi ? Jamais !" Il dit.

Fantasme et abomination

Aujourd'hui le massacre continue, de nos enfants, toujours plus jeunes : enfants-chômeurs, enfants-soldats, enfants-bombes, enfants dealers, enfants-prostitués... nos enfants postés/exposés en première ligne de combats d'arrière-garde. Nos enfants morts-nés.  

Sauvons la vie de nos enfants, proclament-ils, ceux d'une autre manif'  - qu'on dit "pour tous", mais surtout pour certains - féroces tenants de l'ordre moral fondateur de castes infanticides. Ce sont les mêmes qu'on voit dans la rue revendiquer l'abolition de l'avortement, ce crime organisé par les hordes volantes de Furies sanguinaires...ils disent.

La sorcière a la vie dure.

Certes, face à l'incarnation de volontés mortifères, rien n'arrêtera le mouvement de la vie, cette force qui va au combat pour la liberté, je dis.

Ah ! Grands Dieux, il eut pourtant suffit de programmer,

puisant à la source de la divine poièsis* de l'être,

l'amour pour tous,

à tort et à travers...

_____________

* Terme donnant à poièsis son sens premier de "création",  de poiein "faire",  en relation avec la puissance efficace de l'imaginaire, ici poésie, dont je parle ailleurs. 

 

Nostalgie assumée.

Il est des jours où, dans l'ombre épaisse aux fantômes nombreux, la lumière peine à se frayer un chemin vers la lumière...

Et voilà que déjà arrive le temps des cerises...

C'était l'humeur du jour.

Peace

Publié dans JOURNAL, humeur du jour

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