2015 ANNEE RIMBAUD

Publié le par Catherine Barbé Temple

Une commémoration tout personnelle

Entre seize et dix huit ans je m’encourageais à « penser à Rimbaud comme on pense à la soif ». Ridicule, n’est-ce pas, ça ne veut rien dire. Mais la sentence m’est revenue ce jour, avec une question : la soif… de quoi ? Mais Bon Dieu, la soif de vivre bien sûr ! Intensément brûler les cartouches du destin… 

 

 

Téléscopage et questions sans réponse

Quel destin ?

Rimbaud,  c’est une bande de punk  à lui tout seul[1].

Dans la génération précédant celle du dormeur rimbaldien, Fantasio[2]  du fond de son désespoir regrette d'avoir dû vendre son fusil. Pourquoi ?

 

 

[1] Voir Album Rimbaud, Pléiade, 1967

[2] Musset, Fantasio, I,2, 1834

 

 No future? 

Aujourd’hui, hier ou avant-hier, quelle différence ? Peut-être une petite quand même : dans chaque génération il y a ceux qui savent lire, écrire, et aussi dessiner. Certains autres n'ont pas appris pour diverses raisons que ces activités existent. Ces derniers sont donc souvent portés instinctivement à ne pas s'encombrer l'esprit, ils vont droit au but, sans atermoiement inutile; "c'est du direct, tu vois" : ça tire un coup, parfois en rafale et dans tous les sens : bite, couteau, kalach...  Finalement, à la réflexion, c'est assez varié dans la forme. 

D’aucuns, s’ils avaient eu des lettres, auraient pu, le 7 janvier 2015 entonner d’une même voix quelques vers , genre :

Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !

Une âme de malheur faite avec des ténèbres !

Où vais-je ? Je ne sais. Mais je me sens poussé

D’un souffle impétueux, d’un destin insensé. ”[1]

Pas sûr que la bande à Charlie ait kiffé Totor plus que ça, mais avouez que ça aurait eu de la gueule non ?

 

[1] - V.Hugo, Hernani, III, 4.

 

Rimbaud Caricaturiste

Rimbaud savait écrire; il dessinait aussi. 

 

Portraits de gâteux, Album Rimbaud, Pléiade, paris 1967

Portraits de gâteux, Album Rimbaud, Pléiade, paris 1967

Bon, d'accord ce n'est pas Cabu. La preuve en est d'ailleurs que, Arthur, lui, n'est pas mort d'avoir croqué ses contemporains. Il a seulement succombé à une maligne tumeur, le veinard.

Une commémoration collective

Non que j'aie un goût prononcé en la matière, mais il est des dates qui font date plus que d'autres, non ?

Il y a un mois le monde, encore sous le choc, s'est ému : tous ensemble... et chacun affichait son appartenance au genre humain.

A ceux qui sont tombés crayon en main.

Publié dans JOURNAL

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