Humeur d'automne

Publié le par Catherine Barbé Temple

​Dimanche 28 septembre 2014

En guise d'ouverture à ce blog tout neuf, un premier conte.

A raconter, au coin du feu que très vite nous allons rallumer... à méditer...

L’été a fui et déjà la bise est venue nous rappeler qu’il est temps de ressortir cache-nez et douillettes écharpes…

Il fait froid dans le monde.

Dans les brumes matinales qu’aucun rayon ne vient dissiper, surgit l’ombre d’un souvenir de loin. C’était, c’était…

… l’histoire d’une princesse, elle n’a pas de maman. Elle vit avec son vieux père, le Roi. Pour l’empêcher de se marier, celui-ci construit une montagne de verre que tout prétendant devra gravir à pied. Tous ceux qui tentent l’aventure se cassent le nez. Ils disparaissent. Survient alors un prince que la princesse décide d’aider. Ils partent ensemble à l’assaut de la montagne, mais c’est la princesse qui tombe et disparaît, engloutie. Dans cette montagne vit le vieux Rinkrank, le Chevalier Rouge. Il appelle la princesse sa 'femme' et la contraint à l’appeler, lui; son 'mari'. La journée il reste près d’elle ; la nuit, il sort et revient au matin chargé de perles (V : d’or et d’argent). La princesse se lasse de cette situation : un jour que le vieux, retour d'escapade, passe la tête par la haute petite fenêtre à guillotine, elle lui coince la barbe. Le bougre finit par céder et la laisse s’enfuir par l’échelle. La princesse revient chez son père qui s’en va occire le vieux démon et prend le magot. La princesse épouse le prince. Ils reçoivent le trésor du Vieux Rinkrank en cadeau de mariage.[1]

Tiens, ça commence un peu comme Peau d'âne... il faudra peut-être y revenir...

Ici, rusée, la maligne qui s'esquive à la barbe du barbon ! Et doublement futée d'envoyer son royal paternel au charbon, régler son compte à Cricrac, et râfler le fruit des fric-fracs nocturnes qui viendront tout rôtis lui tomber dans le bec, à cette dam'oiselle.

Certes, il est possible à cette lecture, d'ajouter une pincée de sel (comme au gâteau de Peau d'âne) selon le contexte. Par exemple imaginez la situation du conte transposée dans la vraie vie, ici, ailleurs, ou encore plus loin (après tout, le conte se déroule traditionnellement "dans ce temps-là" et souvent dans une contrée là-bas). Alors, ça pourrait sûrement arriver près de chez vous, lecteur(s)/-trice(s) (désolée les filles c'est plus facile graphiquement comme ça !). A dire vrai, le conte ci-dessus m'est revenu en mémoire ce matin quand j'ai entendu débattre à la radio sur la nécessité d'y aller, ou pas, lâcher des bombes "là-bas," pour "combattre la barbarie"...

Princesse, votre conseil?

[1] Il existe plusieurs versions du conte. Ce résumé laisse apparaître une des variantes (V). Pour lire une version intégrale du Oll Rinkrank (Allemagne du Nord), on peut se reporter à :

J.et W. Grimm,éd. Flammarion, 1997, p. 481 sq, Le Vieux Cricrac

Publié dans Billet d'humeur

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